Apprendre Saint-Jean

Quartier Saint-Jean  -  Clermont-Ferrand [63]

© images SLA & MTa

Maître d’ouvrage : Ville de Clermont-Ferrand (63)

Année : 2018

Surface: 40 ha

Mission : mise en concurrence sur une étude urbaine

Paysagiste/ urbaniste mandataire du groupement: SLA 

Co-traitants: MTA 

Sous-traitants MTA: BOC / Géraldine PIN / Jean-Pierre Marielle Consultant / QGAARD

Ingénierie urbaine / VRD : EGIS

Ingénierie environnement : EODD

    « Apprendre St-Jean » se veut une vision capable d’extirper le quartier St-Jean de sa situation de «faubourg de relégation», arrière de zone ferroviaire, pour le faire basculer immédiatement en «faubourg de vie métropolitaine». Et telle une spirale ascendante montant en puissance, « Apprendre St-Jean » porte un processus de transition positive métropolitaine initiateur d’une nouvelle urbanité. Les notions d’apprentissage et de diversité y sont primordiales car déjà consubstantielles à ce quartier majeur de l’entre-deux ville clermontois. Par des initiatives co-construites et opérationnelles, le quartier St-Jean est imaginé comme un démonstrateur puissant de la “Ville apprenante et inclusive” impliquant simultanément emploi, habitat, formation, culture et relation à la nature... Ce qu’il est déjà en partie, mais de manière cachée. Il offre une dynamique à vivre et à faire connaître ailleurs, contributive à l’envie de Capitale Culturelle Européenne… que Clermont-Ferrand peut être... 

    « Apprendre St-Jean » est un processus urbain co-générant autant de logements que d’emplois, avec un potentiel de +2500 habitats (soit près de 5000 à 6000 habitants de plus), et +2500 emplois. Il vise  tout à la fois à « apprendre de St-Jean », de son histoire, de son patrimoine industriel, de l’imaginaire ferroviaire, de ses pionniers et de leurs éco-systèmes... qu’à « apprendre à St-Jean », à partir de ses myriades d’expériences ou expérimentations démonstratives... 

Phasage opérationnel

L'immédiat [2018-2021]

Comme nous le précisions en introduction, l’objectif est d’enclencher sur le court terme, dans l’immédiat des actions de transformations ou d’appui des les pionniers de St-Jean pour activer décisivement sa mutation urbaine et transition positive métropolitaine. Ainsi cette première séquence envisage la mobilisation et activation des premiers démonstrateurs de la mosaïque métropolitaine en formation. La naissance du cours Jules Verne, l’arrivée du lycée des métiers, les habitats Herbet, l’activation de la pépinière Oasis et du parc constitue un secteur stratégique. C’est par là que les choses commencent. Avec également des modes d’interventions plus temporaires et éphémères sur la rue Pré la Reine, sur les limites avec l’emprise SNCF, sur les stationnements privés des différents Hôtels tertiaires existants. Cette période est aussi la possibilité d’engager de nouvelles boucles de dessertes des lignes de transport en commun, en prolongeant les actuelles à l’intérieur du quartier St-Jean. Le projet veut ouvrir des co-constructions et actions événementielles avec Effervescences, avec le lancement d’une grande fête de la St-Jean sur le quartier. Les thèmes de la ville créative en 2019 et de la mobilité en 2020 sont des supports d’actions et animations contribuant à ouvrir des lieux, ouvrir des pratiques, valoriser des démonstrateurs.

Le faubourg métropolitain [ 2021 - 2026 ]

Le faubourg métropolitain est en marche. Le temps de l’immédiat, les événements culturels, le plan guide réalisé, font que le quartier ouvre une nouvelle phase avec l’ouverture d’équipements structurants et la constitution de l’espace public du cours Jules Verne. L’activation du Parc Habité est amorcée, la préfiguration et accueil des futurs Villas Métropolitaines également, le gymnase forum. Du côté de l’axe rue Pré la Reine la plate-forme des Terres est en place et l’activation du parc des Dunes aussi. L’activation des halles SERNAM se poursuit, se négocie ou pas. La stratégie sur la ligne TCSP B est de pouvoir proposer l’expérimentation en type BHNS avec passage sous voie ferrée au niveau de l’avenue Michelin. Puis de remonter Rue pré la Reine, éviter les secteurs en chantier intensifs vers le cours Jules Verne Herbet pour offrir une boucle provisoire préfiguratrice des mutations et traitements du Bd St-Jean. Notre option est de construire une stratégie permettant une réversibilité et souplesse dans l’organisation et la spatialisation des transports en commun du fait des degrés d’incertitudes, et aléas qui pèsent sur ce secteur et la technicité retenue. Il s’agit de pouvoir offrir ‘facilement’ des alternatives au tracé actuellement prévu par rue Auger et le large passage après Estaing. Nous privilégions un passage là où c’est possible tout de suite, et de tirer ultérieurement en fait au plus court un TCSP efficient et économique en terme infrastructurel, de s’appuyer sur ou de préconfigurer le Cours Jules Verne selon les phases libératoires possibles par ACC. 

Mosaïque métropolitaine [ 2026 - 2029 ]

Phase où la mosaïque métropolitaine est installée. Poursuite des Villas métropolitaines autour du parc Oasis. La ligne B est activée et activable passant bien par la gare, traversant les voies sans infrastructure supplémentaire, et coeur du quartier St-Jean. Le site porte favorablement une vocation de lieu hub et d’animation culturelle possiblement autour de l’action Raymond Bar. Ce pionnier relocalisé contribuera peut-être au rayonnement de Clermont-Fd pour les évènements de Capitale Cutlruelle Européenne… 2 franchissements dédiés au modes doux sont préférés à un seul nouveau franchissement élargi multi-usages. En effet, ce qui importe c’est de développer les passages, les agrafes urbaines. Ainsi la proposition d’un premier pont rail vers la halle St-Jean, constitue un vecteur puissant de mutation de ce secteur plus certainement qu’un parc. Un second passage vers le parc Oasis en continuité du sentier urbain pouvant lui intégré un TCSP, génère plus de lien et pour des coûts moindre. Les 2 passages sont de l’ordre de 12,8 millions d’euros… le passage unique élargi de 20 millions. 

Mosaïque métropolitaine [ 2029 - 2032 et + ]

Puis alors au-delà, le processus se poursuit avec la mutation des anciens ACC, avec des projets de programmes mixtes logements/tertiaire, Parc habité, faubourg Herbet et Herbet en place. C’est toute l’épaisseur du parc linéaire qui est mis en jeu, toujours en fonction des effets d’entrainements et des négociations avec les services domaniaux de la SNCF….

Zoom - ville nature
La pépinière et le parc habité Oasis

Autre point spécifique proposé par la vision « Apprendre St-Jean » : la pépinière et le parc habité Oasis. A la fois pionnier, puis démonstrateur, générateur de co-constructions, de participation, d’une nouvelle forme de paysage urbain et milieu habité et voire même d’auto-gestion citoyenne par des modalités collaboratives même s’il s’agit de domaine public… bref toute cette démarche est porteuse elle aussi de tout un mode nouveau qui réinventent nos manières de faire ou entretenir nos espaces urbains, de les partager, de les co-produire. On pourrait aussi mobiliser la Frenchtech pour inventer des outils numériques comme à New-York, de partages d’information sur les milieux, leur état, les actions à mettre en œuvre collectivement pour leur préservation…

Le parc prend à la fois une dimension collective, urbaine, avec des poches de sols privés, générant des limites topographiques, d’emprises foncières et d’usages clairs entre privé et public. 

Zoom - ville inclusive
Les nouveaux acc

Voici un autre pionnier, les ACC, Ateliers de Construction du Centre, avec lequel le projet veut tisser des transitions fructueuses, malgré sa situation fragile. Cette entreprise est une part de l’histoire et de l’âme du quartier St-Jean, avec des savoir-faire immenses… un vrai patrimoine vivant, ressource pour la mosaïque métropolitaine de St-Jean. Traces au sols, structures et matière et matériaux industriels sont à hériter et à réinvestir… Le grand espace public Jules Verne s’inscrit d’ailleurs dans le tracé des transbordeurs de l’usine.

Le processus à construire est la transition vers la libération inéluctable du site, tant l’outil industriel est obsolète, et d’en faire un moment de co-construction urbaine et humaine.

Mais quelque chose perdure, et peut-être même dans les ateliers eux-mêmes… temporairement…  

SPOT - scénario ESPACE ÉVÈNEMENTIEL
Les  rails d'accès aux ACC - Rue du Pré la Reine

Mosaïque écologique

Corridors panoramiques et écologiques

    On distingue 2 aspects pour le volent paysager et environnemental. Le premier est d’inscrire le quartier St-Jean dans un géo-récit affirmé avec la grande échelle : avec 2 parcs, créant des continuités écologiques, ou par des panoramas offerts sur la chaine des Puys, la Limagne, les monts du Livradois Forez. Le paysage est pensé comme dispositif pour le traitement de l’eau pluviale, avec des zones humides. L’utilisation des ressources pour construire est aussi centrale en mobilisant notamment plusieurs filières constructives locales avec le bois, le béton, l’utilisation de la terre aussi, voire pierre.

    Le second aspect replonge dans la notion de mosaïque, en proposant des systèmes chauffant, de captation d’énergie solaire, ou gestion de l’eau pluviale moins comme de grandes infrastructures, mais plutôt via de micro ou de petits ensembles collaboratifs liés aux micro-lots… comme des sortes d’éco-micro-lot collaboratifs…   

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