Extension du groupe scolaire Léon Jouhaux

Enseignement  -  Lyon [69]

© images Asylum & MTa

Maître d’ouvrage : Ville de Lyon (69)

Coût : 4 350 000€ HT (estimation concours)

Année : 2017

SdP : 1576 m²

Mission : concours

Economiste : CS2N (63)

BET structure: ITC (69)

BET structure bois : SYLVA CONSEIL (63)

BET fluides électricité / SSI: BELTAM (63)

BET fluides thermiques: AUVERFLUID (63)

Cuisine: GRANDES CUISINES INGENIERIE (63)

Acoustique :  SALTO INGENIERIE (63) 

1 >   Intervenir avec délicatesse pour « une densification heureuse »

L’ensemble du quartier de l’école est en effervescence et vit une grande mutation dont celle de nouvelles densifications. Ce processus inexorable doit faire l’objet de beaucoup d’attention et finalement de délicatesse pour le rendre acceptable et accepté. Ainsi notre approche a été d’optimiser tout ce qui pouvait l’être dans l’existant et dans les capacités de construction au sol, en cherchant à limiter la hauteur de l’extension au maximum. Par exemple en mettant la cour en étage des maternelles non plus sur le toit du dernier niveau mais en R+1 où jouer devient alors plus naturel et facile, plus accessible et moins vertigineux et dangereux…

Intervenir avec délicatesse c’est donc amoindrir l’effet de masse de la construction, et positionner les usages au plus près de leur réel usage avec efficacité… c’est prendre soin des usages internes de l’équipement comme du voisinage…

 

 

2 >   Composer avec la tour-horloge et de légères horizontales

Construire ici demande aussi à composer avec le bâti existant de l’école. Une très belle architecture, noble, en pierre de taille, avec de multiples effets de relief sur ses façades. La tour et son horloge qu’il faut absolument dégager au maximum. Notre projet tout en étant en contact avec l’existant marque un grand vide permettant de dégager intégralement la façade de l’horloge sur la rue Rancy.

Des lignes horizontales fortes de corniches et encorbellements marquent le bâtiment historique. Nous en reprenons l’esprit et mêmes certaines, et en créons de nouvelles pour le bâtiment d’extension. Les lignes horizontales marquent parfois des niveaux, des hauteurs d’ouvrants, elles apportent des dynamiques et effets de légèreté dans le site communs alors à l’ancien et au nouveau, au patrimonial et au contemporain...

 

 

3 >   Créer des respirations, des vides, des vues entre 2 canopées arborées

Tout en cherchant une compacité par optimisation de l’existant, pour aller le moins haut possible, nous cherchons et générons des vides, des extérieurs, de véritables respirations dans l’extension neuve. Ces vides permettent des jeux de double hauteur dans l’entrée de la maternelle, de créer la cour en R+1 alors bien confinée acoustiquement et protégée des conditions climatiques (pluie comme chaleur) ; et d’offrir une aire extérieure d’activité au dernier étage entre Centre de Loisirs et la partie gymnase. Depuis l’extérieur cela donne un bâtiment plus aérien, et depuis l’intérieur les jeux dedans-dehors font que l’on ne se sent pas enfermé. Finalement on peut respirer et être dehors à tous les étages et sans avoir à aller sur les toits source de complexité et de difficulté de gestion, de surcoût…

L’extension est conçue en fait comme étant entre deux masses d’arbres remarquables. Les vues traversantes et les orientations sont fortes sur ce panorama vert qu’offrent les canopées des arbres majeurs de la cour et de la Place des Martyrs de la Résistance. Dans l’extension où que l’on soit, c’est l’immersion dans les arbres que l’on ressentira, comme si on était hors de la ville, perché dans les arbres, le plus ouvert possible…

 

4 >   Une enveloppe nouvelle dépliant de multiples paravents, jouant avec la lumière, et protégeant les vues

Si l’existant est en pierre, en masse, le nouveau lui est léger, alliant des finitions en métal argent ou légèrement doré pour rappeler la teinte délicatement chaude des pierres, ou en verre opale, translucide, transparent… Entre les lignes horizontales se déploient de multiples paravents qui vont parfois sembler refléter le ciel, les arbres, les édifices voisins. Ces paravents sont autant là pour jouer avec la lumière, donner une porosité à la façade, une animation presqu’un mouvement, et permettent de traiter le vis à vis sans aucune frontalité et en préservant les intimités de chacun.

L’extension n’est pas frontale aux voisins. Elle offre une enveloppe aux effets multiples et changeant, presqu’un paysage en mouvement, limitant les vues des uns sur les autres. Les multiples feuilles de verre ou de métal vibrent et changent au rythme de la lumière du jour et de la nuit, de celles extérieures ou intérieures. Elle est transparente et très ouverte quand on cadre sur les arbres et la place, elle semble plus fermée et protectrice dans les vis-à-vis. Elle rediffuse la lumière… Elle marque aussi le signe que là se passe des activités publiques… des activités de loisirs…

Ce système de paravent constitue également la clôture de la cour sur la Place… dont on pourra définir lors des études aussi son degré de transparence ou non… Les pierres de taille récupérées des parties démolies en formeront le soubassement…

Le nouveau groupe scolaire rayonnera de manière nouvelle, comme une sorte de « kaléidoscope paysager » ou peut-être de « caméléon urbain » dont la peau, l’enveloppe vivra au rythme des éléments, en écho subtil avec son environnement… une enveloppe qui protège un lieu essentiel dans la cité…

Concevoir l’extension du groupe scolaire Léon Jouhaux c’est tout d’abord prendre en compte les circonstances complexes et délicates de cette opération : intervention en site occupé et urbain dense, équipement dédié à l’enfance et à l’apprentissage, ouvert à d’autres activités publiques, au contact d’un bâtiment historique avec des éléments architecturaux remarquables, sans oublier des massifs d’arbres eux aussi remarquables…

 

Ainsi notre proposition cherche à concilier tous ces paramètres, et s’élabore fondamentalement en 4 principes pour l’insertion et les intentions architecturales :

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