Maison de service

Site des Pradets  -  Issoire [63]

© images MTa

Maître d’ouvrage : Communauté d'Agglomération d'Issoire (63)

Coût : 6 070 000€ HT (estimation concours)

Année : 2018

SdP : 2915 m²

Mission : concours

Economiste : CS2N (63)

BET TCE: INGETCH (15)

Maintenance :  IDEX ENERGIES (92)

Constructeur de modulaires: COUGNAUD CONSTRUCTION (85)

Gros-oeuvre: AVERNOISE (63)

Le site des Pradets, qui s’apprête à accueillir le futur siège social de la Communauté d’Agglomération Pays d’Issoire, est un lieu remarquable. Par sa situation paysagère, véritable parc traversant dans le tissu urbain, entre la rue de la Liberté et le chemin des Quinze.

Le projet se construit comme une interface entre deux milieux constitutifs du tissu : le parc et la ville. Il est aussi un lieu chargé d’histoire car il porte une part de l’héritage industriel qui anime la ville depuis de nombreuses années. Les anciennes résidences des cadres de l’entreprise aujourd'hui Constellium retrouvent, pour bonne part une vocation.

Le réinvestissement de ce site pourra servir de socle à une représentation institutionnelle affirmé et visible.

Un bâtiment interface entre ville et parc paysager, une mémoire industrielle du lieu et l'affirmation d'une dimension institutionnelle, voici les trois intentions fortes qui ont animé les choix de ce projet.

 

1 >   Implantation

Notre bâtiment s’implante à l’alignement Est sur la rue de la Liberté. La façade principale se déroule comme un bandeau filtre et souligne "l'institutionnalité" de l'équipement dans sa situation urbaine.

Une double peau de lames d’aluminium, dont les orientations varient entre elles, dessine une continuité de traitement et fait apparaître une perméabilité visuelle en rez-de-chaussée. Cette perméabilité devient variable en fonction de l'importance des usages. Une double hauteur, accompagnée d'une signalétique dédiée magnifie l'entrée du public, elle-même à proximité immédiate du stationnement public. L'entrée du personnel, en simple hauteur et surtout plus en amont de la rue, permet une relation quasi-directe avec le parking de 130 places.

Le bâtiment se retourne à l’intérieur de sa parcelle et s’enroule, se love, autour d’un jardin remarquable donc nous conservons les trois arbres majeurs qui serviront de protection solaire pour la façade, généreusement ouverte au sud, ainsi que d'ombrage pour la terrasse en prolongement du restaurant et de la salle de réunion. Cet écrin de verdure rappelle et permet d’apprécier la composition existante de cette véritable cité-jardin.

Enfin un recul autour du futur bâtiment des archives nous permet de gérer les flux de circulations résultants du programme avec l’idée de générer un socle commun servant de cheminement à l'ensemble. Cela permet de mutualiser les efforts pour les différentes résolutions techniques comme les jonctions de voiries, les réseaux, les stationnements.

 

 

2 >   Fonctionnalité

L’organisation fonctionnelle définie par le programme a orienté à une sédimentation des services dans les étages en fonction de l’accessibilité du public. Les services recevant le plus de public se situe en rez-de-chaussée en lien direct avec la maison de service, littéralement tête de proue du bâtiment. Le porche, percement en double hauteur sur la façade Est, signale l’entrée publique depuis la rue de la Liberté. Le même accès en miroir sur la façade ouest signale l’entrée pour les élus depuis le parking dédié. Enfin la salle de restauration couplée à la grande salle de réunion ouvre généreusement sur une terrasse au creux de cette poche végétale dont nous conservons les trois arbres de hautes tiges et la haie existante (lilas), une trace idéale de la cité jardin, assurant intimité et charme bucolique.

Il nous semble important d'insister sur la progressivité du filtre pour l'accès aux étages du public. Ainsi, le hall d'entrée pilote et contrôle. les modalités d'accès aux étages (ascenseur et escalier) sont à proximité immédiate. Le rez-de-chaussée est lui-même dans son développement, structuré afin de filtrer l'accès au public. Ainsi tous les locaux ayant une fréquentation du public assez importante sont ramenés à proximité de l'accueil.

Compte tenu de la faible hauteur de l'équipement (2 niveaux sur rez-de-chaussée), nous proposons en base, un seul ascenseur (conforme PMR - charge 630 kg - vit: 1.6m/s). Nous avons prévu l'espace nécessaire à l'angle nord-ouest du projet, afin d'installer un 2ème ascenseur le cas échéant. Dans une mise au point ultérieure avec le maître d'ouvrage, ce deuxième ascenseur pourra être infirmé, ou au contraire confirmé. Il permettra un lien peut-être plus rapide entre les stockages et les bureaux des étages. S'agissant, d'une proposition d'un seul ou au mieux 2 appareils autonomes (à la différence d'appareils en "Duplex"), toute étude des flux devient inutile.

Notre proposition permet également de gérer les possibilités d'extensions très facilement. Celles-ci peuvent être de 2 natures :

1- dans les étages (R+1 et R+2), en complément volumétrique des dégradés d'étages en SUD, (au dessus des locaux techniques et des stockages). Cette solution présente l'avantage d'être très facile à mettre en œuvre. En effet, le procédé modulaire Cougnaud permet un empilement sur des modules existants et toutes les fondations sont déjà dimensionnées pour accueillir 2 niveaux sur RDC. Ainsi nous proposons près de 15% d'extension sans aucun surcoût infrastructurel, ni dégradation de l'environnement.

2- En prolongement en ouest, ainsi le projet proposera un développement en façade sud. D'une certaine manière si ce principe ne permet pas de se dédouaner d'une intervention infrastructurelle, elle offre à contrario une ampleur très importante, où les seules limites ne seront finalement que les besoins à venir.

 

 

3 >   Construction et architecture

Le projet doit répondre à une contrainte plus technique aussi, celle de la livraison au mois d'octobre 2019. Le système constructif modulaire que nous mettons en œuvre permet une gestion de la construction plus rationnel et efficace car une part importante des travaux sont réalisés en atelier, limitant le temps d’intervention sur site et donc les nuisances que le chantier pourrait générer. Ainsi le choix constructif permet de répondre à une nécessité impérieuse de respecter les échéances. Une gageur serait de ne s'en tenir qu'à cette contrainte.

En effet, si le système modulaire résout une problématique, celui-ci ne fabrique pas immédiatement une architecture adaptée à la nature du lieu et garantissant une image conforme aux enjeux et aux investissements.

Nous avons fait le choix ici de rappeler le bâtiment à la mémoire de son site et donc du savoir faire industriel du pays d'Issoire. Ainsi la façade est un assemblage de peaux combinant par superposition et alternance le bois, le verre, et l’aluminium, permettant de dessiner avec une finesse d’écriture en usant de procédés industriels efficaces. L’architecture du bâtiment n'exprime pas sa solution technique modulaire mais revendique sa figure d’équipement public emblématique en lien avec son territoire.

© 2015 by MARCILLON THUILIER architectes