Réhabilitation d'un ancien bâtiment d'hébergement en maison des associations | Construction d'une salle des fêtes 

Domaine de la Prade  -  Cébazat [63]

© images Asylum & MTa

Maître d’ouvrage : Ville de Cébazat (63)

Coût : 1 195 000€ HT (estimation concours)

Année : 2016

SdP : 1091 m²

Mission : concours

Economiste : CS2N (63)

BET structure: ETUDES BETON (63)

BET fluides: AES (63)

BET acoustique :  SALTO INGENIERIE (63)

1> Un parc Arboré

Le site est admirablement paysagé. Des essences rares et des sujets hors normes. Devant la future maison des associations trône un platane majestueux dont la silhouette et le port n’ont rien à envier à certains chênes d’Allier. Comment ne pas imaginer le prolongement de l’usage de la salle des fêtes à son pied ?! Préserver cet arbre oblige, afin de ne pas impacter son devenir, de s’en éloigner d’une distance au moins supérieure à sa couronne… Humilité…

De fait, , se rapprochant des annexes de la demeure bourgeoise, dont les façades en ouest ne présentent que peu d’intérêt.

 

2> Contraintes réglementaires

Au respect du PLU, vient s’ajouter le respect du PPRNPI. Afin d’éviter toute interprétation erronée nous avons pris soin de rencontrer les services concernés. L’implantation prévue est à cheval sur les zones « O » et « V ». Aussi dans cette hypothèse les 2 réglementations s’appliquent. La zone verte « V » empêche la construction d’un ERP et autorise les extensions sous certaines conditions (que le programme ne rempli pas). Aussi, nous profitons de l’éloignement rendu nécessaire par l’arbre majeur afin de respecter la réglementation et positionner la salle des fêtes et ses programmes connexes en dehors de la zone verte… Respecter !

 

3> Intensité architecturale

Le domaine de la Prade dispose de constructions hétérogènes entre elles allant de la demeure bourgeoise du XIXème et ses annexes, aux extensions fonctionnelles mais sans caractéristique architecturale (réfectoire et chaufferie de l’hébergement que nous démolissons), en passant par le rationalisme moderne du début des années soixante pour le bâtiment d’hébergement.

Le domaine propose ainsi un chapelet d’édifices dont le point d’orgue reste bien sûr le lieu du projet avec en perspective l’arrivée sur la demeure bourgeoise. Cependant, la façade proposée en ouest par la demeure bourgeoise est sans intérêt aucun, aussi il devient intéressant de s’adosser à celle-ci dans l’alignement des tilleuls (axe nord) afin d’ouvrir le paysage de la salle des fêtes au sud et à l’ouest. Nous proposons ainsi d’amplifier l’intensité architecturale en refusant l’émiettement.

Eviter l’émiettement consiste à positionner l’extension dans un prolongement naturel du bâtiment d’hébergement et avec une certaine « tension » avec les annexes Ouest de la demeure bourgeoise. Cette tension permet de « limiter » l’accès à la partie nord du site offrant ainsi l’occasion de présenter une façade publique, dégagée et paysagée en Sud et en Ouest ; et une façade plus technique pour les livraisons, le stationnement d’appoint, la conformité des accès… . Cette partition provient du croisement des contraintes réglementaires et de préservation des arbres majeurs ; elle oblige à repenser l’accès principal, du moins, elle en permet une hiérarchie comme il en était d’usage dans les demeures bourgeoises du XIXème…

 

4> Une écriture architecturale

Ainsi il convient de réhabiliter et d’étendre… ! Mais de manière à ce que l’écriture architecturale permette une relation harmonieuse avec les bâtiments conservés. Dans les cohabitations stylistiques, il serait sans doute facile de répondre par le mimétisme et sans doute fragile de trop se démarquer, révélant ainsi un rapport au projet auto-référentiel. Nous proposons de croiser, d’hybrider ces réflexions afin que par la matière le projet puisse s’harmoniser et que par la culture constructive il puisse s’identifier. La réhabilitation du bâtiment d’hébergement respecte sa géométrie et les interventions sont surtout sur l’intérieur ? Seule sa façade sud trouve une écriture plus contemporaine par un nouvel habillage en bois des alcôves et des gardes-corps afin de suggérer la richesse des matériaux à l’intérieur. La salle des fêtes, se construit au moyen d’un empilement, empilement de matières conforme au registre classique (socle / élévation / couronnement), à la culture constructive intemporelle de l’empilement et enfin à la géométrie moderne du jeu savant et magnifique des volumes sous la lumière…

 

5> Ambiances et matières

Le parc… première des matières premières, milieu raffiné et élégant pour y parler d’architecture… La demeure bourgeoise avec ses maçonneries d’enduit blanc, ses assemblages d’angles en Volvic révèlent les teintes sobres d’une architecture forte, du blanc au gris sombre. La maison des associations assemble les mêmes enduits blancs avec des murs en Volvic et des remplissages de bois.

La nature, la pierre de Volvic, la maçonnerie blanche et le bois sont les seules composantes, les seules matérialités de notre projet. La stratification, l’empilement de la salle des fêtes reprend ces matières comme le fait la syntaxe de notre écriture architecturale pour les associer.

La nature est préservée et de chacun des bâtiments, elle en devient le prolongement extérieur pour le plaisir de la contempler, de la parcourir, de la partager, de la fêter…

Le Domaine de la Prade… Un parc paysager, magnifique ! Des bâtiments ça et là, témoignages d’architectures passées et à venir.

Telles se présentent à nous les conditions de réflexion pour la construction d’une salle des fêtes et la transformation du bâtiment d’hébergement en maison des associations. Le programme nous propose de travailler avec et à côté de l’existant, au cœur d’une nature généreuse sans échelle de comparaison. Il y a donc nécessité de trouver la juste échelle de travail entre admiration, révélation et affirmation.

Notre travail s’est principalement porté sur 5 axes majeurs de réflexion avec comme objectif l’équilibre ! Équilibre des enjeux, équilibre avec les forces en présence, équilibre entre humilité et affirmation, équilibre entre passé et devenir.

© 2015 by MARCILLON THUILIER architectes